Grey Matter Le test

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Une histoire bien étrange, entrez dans le monde de Grey Matter

Au temps mué comme une carpe

Comme toutes les histoires bizarres, celle de Gray Matter commence par une nuit noire. Par un coup du sort, la jeune Samantha, qui était en route pour Londres, est tombée en panne près d’un vieux manoir. Puisqu’il fait noir, qu’il pleut et qu’elle n’arrive plus à démarrer, Sam décide de se réfugier dans le manoir. En s’approchant, elle voit une jeune femme sur le perron. Une ombre furtive s’approche, et la jeune femme disparaît. Un crissement de pneu plus tard, Sam décide un peu égoïstement de se faire passer pour la jeune femme qui postulait comme assistante. Et voilà comment notre héroïne a rencontré l’intrigant Docteur Styles (aucun lien de parenté avec le Derek de Trauma Center), un savant taciturne qui étudie le psychisme. Alors qu’elle ne pensait y passer qu’une nuit avant de disparaître, Sam finit par accepter son rôle d’assistante. Ensemble, ces deux personnages vont plonger dans le fantastique au sens le plus pur. En effet, le titre joue savamment sur le doute entre le surnaturel et les explications rationnelles. Ajoutons à cela quelques pincées de prestidigitation (Sam est en effet magicienne) et de science plus ou moins occulte, et l’on obtient un univers très séduisant, bourré de références, que l’on découvre avec beaucoup de plaisir à mesure que l’intrigue se développe.

Evoluant sur ce fil tendu entre l’étrange et le rationnel, les personnages sont bien travaillés et s’éloignent quelque peu des habituels clichés grâce à un passé et une personnalité qui gagnent progressivement en profondeur. Le fait d’incarner successivement Sam et Styles permet en outre de mieux cerner ces deux caractères très différents, leur vision du monde et leur relation assez particulière. Du côté des énigmes, on est déjà rassuré par le fait qu’elles ne soient ni farfelues ni illogiques, sans pourtant être dénuées d’originalité. Le fait de devoir parfois utiliser le livre de magie de Samantha fait par exemple partie de ces bonnes idées qui ponctuent le jeu. Mais malheureusement, si Gray Matter est scripté à l’instar de nombreux point & click, on ne peut pas dire que la progression soit toujours très logique à cause de cela. En gros, être obligé d’observer des tableaux pour faire apparaître un personnage à tel endroit sans aucun lien de causalité est vraiment frustrant. On est donc parfois obligé d’avancer à tâtons et de réaliser des actions apparemment sans rapport avec notre objectif, tout simplement pour pouvoir débloquer la suite des événements. Une mécanique un peu bancale qui a de quoi casser parfois bêtement l’immersion en faisant tourner en rond le joueur et ça, c’est vraiment dommage.

Gray’s Anatomy

Malgré tout, Gray Matter aide le joueur grâce à l’habituelle fonction qui permet d’afficher toutes les interactions possibles à l’écran, et grâce à un code couleur qui permet de savoir quels lieux doivent encore être fouillés pour progresser dans l’histoire. L’aventure a tout de même de quoi nous tenir en haleine pendant une douzaine d’heures. Et s’il y a quelque chose à ajouter au crédit de l’immersion dans le titre de WizarBox, c’est bien la réalisation technique. Les environnements de Gray Matter sont peut-être statiques, mais ils sont pour la plupart magnifiques : que ce soit au niveau de l’harmonie des couleurs ou du jeu des ombres et de la lumière, le travail est remarquable. En revanche, les modélisations et les animations des personnages sont un peu moins réussies. Quel dommage également que certains décors manquent cruellement de vie. On pense notamment aux rues d’Oxford, étrangement vides. L’ambiance sonore sait elle aussi se montrer charmeuse : les thèmes musicaux, très bons, accompagnent l’action avec justesse et font leur petit effet. Les dialogues n’ont pas non plus à rougir, puisque leur écriture subtile met judicieusement en relief la personnalité de chacun des intervenants de l’histoire. Rien à redire non plus pour ce qui est du doublage anglophone, qui est de bonne qualité. Autant dire que malgré les quelques petits défauts çà et là, le soin apporté à la réalisation apporte beaucoup à l’atmosphère baroque aussi sombre que flamboyante de Gray Matter.

Good

  • Superbe histoire et très bonne ambiance

Bad

  • A déterminer
8.7

Note /10

Gameplay - 9
Scénario - 8
Graphisme - 9

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